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Habitée par une thématique sur laquelle les psychanalystes se pencheraient avec joie,
Sylvia Bennaïm projette dans ses sculptures d'argile (blanches, brunes ou roses), une partie de ce monde sensible et fervent qu'elle porte en elle: jeunes femmes, enfants sont de prime abord, enserrés
dans une réseau de tissus et de cordes... Il faut regarder de prés cette sculpture qui n'emprunte à personne pour s'apercevoir que ces liens sont davantage gangue, chrysalide qu'entraves et loin de blesser, de meurtrir, ils protègent. Un univers protégé contre l'agressivité, la fragilité des sentiments...
La femme fleur, la femme encore enfant dans son âme alors que son corps déja suscite la convoitise et l'envie. Est-ce instinct ou lucide perception?
Le fait est que Sylvia Bennaïm "habille" ses statuettes d'une véritable dentelle de terre ... On dicerne en outre dans ses créations, un irrésistible besoin de maternité qui ne fait qu'accentuer cette ferveur venue de son moi le plus profond, et qui se traduit jusque dans ses doigts et l'aide a modeler,
à embellir ces écrins d'argile dans lesquels elle place des visages innocents,
purs et fragiles dont les traits fins et les regards clairs sont davantage interrogateurs qu'accusateurs.
Il n'est pas rare dans cette sculpture de voir autour de personnages extatiques des masques posés comme des papillons sur les vêtements enrobants.
Interrogée, Sylvia Bennaïm les croit plus sarcastiques que joyeux.
Peut -être sont -ils seulement énigmatiques? En tout cas ils servent admirablement la composition et ajoutent le mystère à la grâce, au rêve,
et font de cette sculpture, le véhicule plastique idéal d'une pensée créatrice en perpétuelle évolution, riche d'une intériorité aussi authentique
que sans compromission semble coulée dans le moule de Max PoI Fouchet qui s'écriait naguere dans "Histoires pour dire autre chose":
"Les fêtes sont les masques derrière lesquels ricane notre plus vieille compagne".
Les fêtes auxquelles nous convie Sylvia Bennaïm ne sont sans doute pas
aussi sereines que ses dentelles d'argile nous le laisse accroire....

Bertrand DUPESSIS
Connaissance des Hommes juin 82.